le tourisme en outre-mer ne s’en tire pas si mal

Saint-Denis de la Réunion, Pointe-à-Pitre ou Fort-de-France glanent les premières places des intentions de départ des Français pour ces prochains mois. Même si elles enregistrent une baisse de fréquentation par rapport à l’an dernier.

Ces destinations plus rassurantes pour les Français, qui savent qu’ils trouveront des protocoles sanitaires adaptés en cas d’aggravation de l’épidémie.

Les vacances de la Toussaint. L’automne, les arbres qui se déplument, le ciel gris, la pluie… Si la période soulève rarement l’enthousiasme dans l’Hexagone, il n’en est pas de même dans toute la France.

Dans les territoires d’outre-mer, à la fin du mois d’octobre, débute la haute saison. Pour La Réunion, la Guadeloupe ou  la Martinique, ces premiers congés post rentrée riment généralement avec un afflux de touristes venus de la métropole. Pour preuve, ces destinations squattent le top des demandes chez les voyagistes.

En tête des classements

Les professionnels du tourisme sont unanimes, les Français choisiront la France pour la Toussaint. Enfin pour ceux qui vont partir. Traditionnellement consacrées aux regroupements familiaux, ces vacances sont aussi l’occasion pour certains d’aller goûter le soleil et les plages de contrées lointaines. En 2020, les départements d’outre-mer figurent parmi les destinations plébiscitées des Français. Guillaume Rostand, président de Liligo, dévoile les chiffres des demandes : « C’est du jamais-vu, Saint-Denis de La Réunion est en tête des recherches. Pointe-à-Pitre et Fort-de-France occupent les 4e et 5e places. » Seul le duo portugais, Porto (2e) et Lisbonne (3e), tient la dragée haute aux destinations françaises. Exit les New York, Barcelone, Rome et autres Madrid.

Malgré ces positions flatteuses, le tourisme des territoires d’outre-mer souffre comme le reste du monde. « Si ces destinations caracolent en tête des classements, c’est surtout par défaut. Tout le top 10 s’est écroulé, certains plus que d’autres », soupire Guillaume Rostand. Selon cet expert du secteur, pour la période de la Toussaint, la destination New-York a vu son nombre de recherches en ligne baisser de 98 %, pour Barcelone, c’est -94 %. Avec ses -77 %, Saint-Denis de La Réunion semblerait presque « épargné ».

Des destinations qui rassurent

Si les départements d’outre-mer s’en sortent « moins mal » que d’autres, ce n’est pas sans raison : « Même si elles sont parfois lointaines, ces destinations restent la France. Dans cette situation sanitaire instable que nous venons, c’est plus sécurisant. » Ainsi, alors que les vols internationaux ont connu un frein majeur dès les premiers confinements, ceux reliant l’Hexagone aux départements d’outre-mer ont été maintenus, et le sont toujours.

Des conditions avantageuses y sont d’ailleurs attachées. Des prix attractifs, dans un premier temps, comme en témoigne Guillaume Rostand : « En moyenne sur ces destinations, les tarifs ont diminué. Pour Pointe-à-Pitre, c’est -14 %, et pour les autres, ça peut descendre de -20 ou -38 %. » D’autant que les compagnies aériennes proposent désormais gratuitement des assurances Covid. Air France, Air Caraïbes, Air Corsair ou Air Austral permettent toutes à leurs voyageurs de bénéficier de reports, remboursements ou prises en charge multirisques sur ces destinations.

Pas tous à la même enseigne

Ces vols, certaines destinations pourraient en profiter lors des vacances de la Toussaint pour recevoir des touristes venus de France métropolitaine. C’est le cas en particulier de La Réunion et de Mayotte. Ces deux départements, classés actuellement en zone d’alerte, ne requièrent actuellement qu’un test RT-PCR négatif effectué dans les 72 heures avant le vol, d’une déclaration sur l’honneur et d’un formulaire de traçage. Saint-Denis de La Réunion bénéficie d’une bonne desserte actuellement puisque si le nombre de vol a baissé de 30 % pendant le confinement, il est en constante augmentation depuis. Si le niveau de fréquentation a baissé à un niveau que l’Île n’avait « pas connu depuis quinze ans », selon Susan Soba, directrice générale de L’Ile de La Réunion Tourisme, les espoirs de voir les touristes revenir grâce aux prix attractifs et à la situation sanitaire « stable et maîtrisée » sont grands. La Réunion, qui propose de grands espaces naturels, espère connaître une « bulle d’oxygène » avec la haute saison qui arrive.

Même cas actuellement pour la Martinique. Après avoir connu une chute de fréquentation extraordinaire pendant le confinement (-97 % au mois d’avril), « L’Ile aux fleurs » a redressé la barre en juillet et en août. Une représentante du Comité martiniquais du tourisme confie placer beaucoup d’espoir pour les vacances de la Toussaint : « Tout a rouvert, hôtels, musées, bars et restaurants, dans les conditions sanitaires adéquates et on a déjà pu constater le retour de visiteurs de la métropole. Ils sont rassurés en arrivant ici de voir qu’entre les tests et les mesures appliquées cela se passe bien. » Pour le moment « seulement » en zone alerte, tous les services du département sont ouverts à l’exception des discothèques. Les trois compagnies aériennes qui desservent la Martinique assurent leurs rotations et une ligne au départ de Roissy-Charles-de-Gaulle sera ouverte à la mi-décembre.

La Guadeloupe croise les doigts

A moins de 200 km à vol d’oiseau des côtes martiniquaises, la Guadeloupe vit de son côté une situation plus compliquée. L’archipel est classé en zone d’alerte maximale, ce qui signifie entre autres que les arrivées depuis la Guyane, Saint-Martin et la Martinique sont limitées aux personnes présentant un motif impérieux et que les bars et restaurants sont fermés. Un coup dur pour un département qui a accueilli près de 1 million des touristes en 2019, dont 56 % de Français de métropole (chiffres du Conseil régional de la Guadeloupe). Si la région déclare que « la situation se stabilise », les habitués des bars trouvent toujours portent closes et les restaurants doivent fermer à minuit. Une situation difficile pour cette destination touristique en constante progression depuis 2014 et que la Région espère voir évoluer avant les vacances de la Toussaint.

Dans l’espoir de relancer le tourisme dans ces départements, le Gouvernement a annoncé, lors du 6e Comité interministériel du tourisme de ce lundi 12 octobre, la mise en place d’un plan de relance. Le compte à rebours est lancé.

Source: 20minutes.fr/economie/

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